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Antonio Fiori : Le théâtre des bonus

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Or, toutes ces choses ne sont pas LA relation. Très vite, journalistes et autres ONG se sont élevés avec vigueur pour un retrait de l’amendement jugé liberticide et autorisant une forme de censure. Nous y sommes prêts, car nous croyons qu’il y a urgence. Mais la clef de voûte de l’édifice philosophique russe est toujours Platon. Cette explication, sans cesse reproduite et sans cesse combattue, peut d’autant moins, quoi qu’on en ait dit, être passée sous silence ou dédaigneusement traitée, qu’elle est, pour certains détails et entre certaines limites, celle qui satisfait le mieux la raison, ou même la seule que la raison puisse accepter. Certains ont prétendu qu’une telle loi aurait empêché de dévoiler certains des derniers retentissants scandales tels celui du Médiator ou de l’industrie tabacologique. L’immense trafic généré par Facebook – 240 milliards de photos postées, 10 milliards de messages, 4,75 milliards de contenus partagés chaque jour dans le monde – a pour conséquence une dispersion de l’attention des utilisateurs qui sont de plus en plus exigeants quant à la qualité et la pertinence des contenus auxquels ils ont accès. Ce qui appartient en propre à l’esprit, c’est le processus indivisible par lequel il fixe son attention successivement sur les diverses parties d’un espace donné ; mais les parties ainsi isolées se conservent pour s’ajouter à d’autres, et une fois additionnées entre elles se prêtent à une décomposition quelconque : ce sont donc bien des parties d’espace, et l’espace est la matière avec laquelle l’esprit construit le nombre, le milieu où l’esprit le place. Scévola, grand pontife, et Varron, un de leurs grands théologiens, disaient qu’il était nécessaire que le peuple ignorât beaucoup de choses vraies, et en crût beaucoup de fausses : saint Augustin dit que Varron avait découvert par là tout le secret des politiques et des ministres d’État. La France doit accélérer le redéploiement de son appareil de production en favorisant l’émergence de trois niveaux de métropoles pour servir d’écosystèmes de développement aux trois groupes d’entreprises précitées : trois grandes métropoles (Grand Paris, Grand Lyon, Grand Marseille), une douzaine de métropoles régionales à vocation européenne et une cinquantaine de grandes préfectures permettant de concentrer tous les systèmes de décision, d’information et de recherche, et de financement pour les mettre en synergie au service des trois groupes d’entreprises. Plaidoirie d’ailleurs vertement contestée par Antonio Fiori. Cela n’est plus le cas à Bruxelles, où le message des banques et des assureurs est désormais entendu : la rédaction des centaines de textes d’application de la réglementation financière nouvellement adoptée va être l’occasion d’en assouplir discrètement la portée. Après les œuvres de l’art, faites à l’imitation des œuvres de la nature, se rangent les œuvres si spécialement appropriées aux besoins de l’homme civilisé, que la nature n’en offre point le modèle ; et pourtant là encore nous rencontrons le beau et le laid, ce bon et ce mauvais goût dont parle La Bruyère, et dont il faudrait qu’une théorie de l’esthétique rendît raison partout. Et à cette fin, nous convions les citoyens et les hommes politiques, et en particulier ceux qui aspirent aux plus hautes fonctions, les chefs d’entreprise et les syndicalistes à réfléchir avec nous aux 32 engagements du pacte civique. Mais ce serait nier tout processus d’innovation que de vouloir interdire à un nouvel entrant de jouer avec les lignes pour faire évoluer le droit applicable. Cette idée d’une loi attentatrice aux libertés fondamentales, orwellienne, eut justifié, sans équivoque, que l’avocat que je suis s’y oppose. La dette grecque est aujourd’hui détenue à près de 80 % par des « créanciers officiels » : les gouvernements des autres pays membres de l’Eurozone, qui dans un premier temps, ont prêté directement au gouvernement grec, le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF), prédécesseur entre 2010 et 2013 du Mécanisme Européen de Stabilité, l’ensemble formé des banques centrales de la zone Euro et de la BCE (ci-après la BCE) et, finalement, le FMI. Cette situation résulte de l’action combinée des programmes successifs de soutien financier à la Grèce qui ont abouti à la substitution des créanciers publics aux créanciers privés et des abandons de créances consentis par ces derniers en février 2012 dans le cadre du programme « private sector involvement » (PSI). Avant même la victoire électorale de Syriza, la dette publique grecque était considérée comme insoutenable et sa restructuration inéluctable par la majorité des observateurs. Dans la réalité sociale du moment ? D’ailleurs il était absurde d’espérer qu’un développement moral et intellectuel pût avoir lieu avant qu’on ne lui eût fourni, tout d’abord, un point de départ dans l’ordre matériel. Pour le réalisme, en effet, l’ordre invariable des phénomènes de la nature réside dans une cause distincte de nos perceptions mêmes, soit que cette cause doive rester inconnaissable, soit que nous puissions l’atteindre par un effort (toujours plus ou moins arbitraire) de construction métaphysique. Ces deux créanciers se considèrent comme des créanciers privilégiés par rapport aux autres, c’est-à-dire en l’occurrence essentiellement les États-membres de la zone Euro et le FESF. Mais elles produisent au mieux 2 à 3% de croissance annuelle et non pas 7 à 8% comme en Extrême-Orient. Les pays les plus à risque de contagion – Portugal, Espagne et Italie – sont moins vulnérables aujourd’hui aux yeux des marchés ; l’Union européenne a mis en place un fonds de sauvetage ; et la Banque centrale européenne a lancé un vaste programme de rachat d’obligations. Serait-il envisageable aujourd’hui, pour ces dernières, de faire l’impasse sur Facebook ? Sauf à tordre le cou au FMI ou à la BCE et à créer un précédent, les États-membres de la zone Euro risquent donc de devoir supporter – directement et à travers le mécanisme de financement collectif qu’ils ont mis en place – la charge d’un allègement de la dette grecque quitte à recourir à des artifices comptables qui permettent de reporter dans le futur le constat de la perte. Que cette faculté ait besoin, comme le goût littéraire, comme le sentiment du beau, d’exercice et de culture pour se développer ; qu’elle puisse être entravée dans son développement par certains défauts d’organisation, par des circonstances extérieures défavorables, telles que celles qui concentrent toute l’activité de l’homme vers des travaux ou des plaisirs grossiers, il y aurait absurdité à le nier. Valéry Giscard d’Estaing (qui aurait pu marquer le pays par des réformes majeures, osées pendant son mandat, mais qui ne sont pas de lui) ne laissera sans doute qu’un musée, qui ne porte pas aujourd’hui son nom et ne le portera sans doute jamais, le Musée d’Orsay.

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